Tentation 03 [La Fin]

Tentation 03 [La Fin]
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[...] Je finis par me prendre les pieds dans quelque chose - je ne vis pas de quoi il s'agissait dans le noir - et, cette fois, je ne me relevai pas. Je roulai sur le flanc de façon à pouvoir respirer et me mis en chien de fusil, à même les fougères humides. Ainsi allongée, j'eus l'impression qu'il s'était écoulé bien plus de temps que je ne l'avais estimé. Je ne me rappelais plus depuis combien d'heures le soleil s'était couché. Les nuits étaient-elles donc toujours aussi sombre, ici? Une règle existait sûrement, qui édictait un peu de la lueur lunaire perçât à travers les nuages et les crevées de la ramure jusqu'au sol. Pas aujourd'hui, cependant. Aujourd'hui, le ciel était couleur d'encre. Il n'y avait peut-être pas de lune ; il y avait peut-être une éclipse ; ou alors, c'était la nouvelle lune. La nouvelle lune. Je grelottais, bien que je n'eusse pas froid.
Je passai de longs moments dans les ténèbres avant d'entendre les cris. On me hélait. Les appels avaient beau être sourds, étouffés par la végétation mouillée qui m'entourait, c'était bien mon prénom qui résonnait. Je n'identifiai pas le voix. Je faillis me manifester, mais j'étais dans un état second et, le temps que j'arrive aà la conclusion qu'il me fallait réponde, il était trop tard - les cris avaient cessé.
Plus tard, la pluie me réveilla. Je ne crois pas m'être vraiment endormie, j'étais juste perdu dans une torpeur ahurie et je m'accrochais comme une naufragée à l'engourdissement qui m'empêchai de comprendre ce qui je refusais de comprendre. La pluie m'inquiéta un peu. Elle était glacée. Déliant mes bras de mes jambes, je m'en protégeai la figure. C'est alors que je perçus de nouveaux appels. ils étaient plus loin, à présent. Parfois, il semblait que plusieurs personnes hurlaient mon nom en même temps. J'essayai de respirer profondément.
L'idée m'effleura qu'il aurait été bien que je signale ma présence, sauf que j'étais quasiment sûre d'être inaudible. L'énergie me manquait.
Soudain se produisit un autre bruit, dangereusement proche. Une sorte de reniflement, quelque chose d'animal. Une grosse bête, apparemment. Devais-je avoir peur? Je n'en eus pas la force, j'étais trop hébétée. De toute façon, les espèces d'ébrouements s'éloignèrent rapidement.
Il ne cessait de pleuvoir, une flaque se formait au niveau de ma joue. J'étais en train de ressembler mon courage pour tourner la tête lorsque je distinguai de la lumière. D'abord rien qu'une lueur faiblarde qui se réfléchissait sur le feuillage des buissons ; elle grossit, de plus en plus vive, formant un vaste cône brillant qui différait du mince faisceau que crée une lampe de poche.
cette marée lumineuse franchit les dernier bosquets, et j'identifiai une lanterne à propane. Rien d'autre, car sa violente clarté m'aveuglait.
- Bella.
Cette basse ne m'était pas familière, même si ses inflexions montraient que son propriétaire m'avait reconnue, lui. Il n'avait pas prononcé mon prénom comme un crie ; il constatait simplement qu'il m'avait retrouvée. Je regardai - haut, mon Dieu tellement haut! - le visage sombre qui me dominait. Je songeai que cet étranger ne me paraissait si grand que parce que j'étais couchée.
- Quelqu'un t'a fait du mal?
Si ces mots avaient un sens, il m'échappa, et je continuai à scruter l'homme avec stupeur. La signification des chose ne comptait plus, à ce stade.
- Bella, je m'appelle Sam Uley.
Un nom qui ne me disait rien.
- Charlie m'a envoyé à ta recherche.
Charlie ? Ça m'évoquait quelqu'un, ça. Je tentai d'être un peu plus attentive à ce que ce type racontait.
Dans mon brouillard, rien n'avait plus d'importance, sauf Charlie. Le géant tendit la main. Je la contemplai sans trop savoir ce que j'étais censée en faire. Ses yeux noirs m'examinèrent pendant quelques secondes, puis il haussa les épaules. D'un geste souple et rapide, il me prit dans ses bras.
Je me laissai ballotter telle une chiffe au rythme de ses grandes enjambées à travers les bois trempés. Quelque part au fond de moi, une voix me morigénait - j'aurais dû protester : les bras d'un inconnue ? Quelle horreur !
Mais une coquille vide ne proteste pas. Il me sembla que nous ne mîmes pas longtemps à nous retrouver au milieu de lampes et de bavardages masculins aux sonorité graves. Sam Uley ralentit.
- Je l'ai ! brailla-t-il.
Les conversation s'interrompirent avant de repartir de plus belle. Un tourbillon de visage flous virevolta au-dessus de moi. les accents de Sam étaient les seuls qui, dans la confusion, eussent un vague sens, sûrement parce que j'avais l'oreille collée à son torse.
- Non, je crois qu'elle n'a rien, expliquait-il à quelqu'un. C'est juste qu'elle n'arrête pas de répéter << Il est parti >>.
Avais-je dit ça tout fort ? Je me mordis les lèvres.
- Bella, chérie, ça va ?
C'était là voix que j'aurais reconnue n'importe où, même déformée par l'inquiétude, comme en cet instant.
- Charlie ?
La mienne me parut étrangère et toute petite.
- Je suis là, chérie.
Il y eut du mouvement sous moi, puis l'odeur de la veste en cuir réglementaire de mon shérif de père. Charlie acilla sous mon poids.
- Il vaut peut-être mieux que je la porte, proposa Sam Uley.
- C'est bon, je la tiens, répliqua Charlie, le souffle court.
Il tituba. J'aurais voulu lui intimer de me poser par terre et de me laisser marcher, mais j'avais de nouveau perdu ma langue. Partout resplendissaient des lumières, brandies par ceux qui nous accompagnaient. J'avais l'impression d'un défilé. Ou d'un enterrement. Je fermai les paupières.
- On y est presque, chérie, marmonnait Charlie de temps à autre.
Je rouvris les yeux en entendant la serrure cliqueter.
Nous étions sur le porche de la maison, et le géant à la peau sombre appelé Sam tenait la porte a Charlie, un bras tendu comme pour se préparer à me rattraper au cas où mon père me lâcherait. il réussi cependant à me déposer sans heurt sur le canapé.
- Je suis toute mouillée, papa, objectai-je doucement.
- On s'en fiche, grommela-t-il. Il y a des couvertures dans le placard en haut de l'escalier, ajouta-t-il à l'intention de quelqu'un.
- Bella ? s'enquit une nouvelle voix.
Je dévisageai un homme aux cheveux gris qui se penchait sur moi. Au bout de quelque secondes, un déclic se produisit.
- Docteur Gerandy ?
- C'est bien ça, petite. tu as mal?
Il me fallut une bonne minute de réflexion. Sam Uley m'avait demandé la même chose dans la forêt, et ça me perturbait. Parce qu'il l'avait formulée différemment : << Quelqu'un t'a fait du mal ? >> La différence semblait avoir de l'importance. Gerandy attendait, un sourcil grisonnant soulevé, interrogateur, soucieux.
- Non, je n'ai pas mal, mentis-je.
Sa paume tiède se posa sur mon front, ses doigts pressèrent l'intérieur de mon poignet. Je vis ses lèvres compter les pulsation tandis que ses yeux restaient rivés à sa montre.
- Que s'est - il passé ? finit-il par lancer comme si de rien n'était.
Je me figeai, au bord de l'affolement tout à coup.
- T'es-tu perdue dans les bois ? suggéra-t-il.
On nous écoutait. Trois grand gaillards é la peau sombre - sans doute de La Push, la réserve Quileute sur la côte - parmi lesquels Sam Uley, s'étaient regroupés et m'observaient. M. Newton était également présent, avec Mike et M. Weber, le père d' Angela. Leur coups d'½il étaient plus subreptices que ceux des Indiens. De la cuisine et du porche me parvenaient d'autre murmures. La moitié de la ville avait dû se lancer à ma recherche. Charlie se tenait tout près de moi. Il se pencha pour entendre ma réponse.
- C'est ça, chuchotai-je, je me suis égarée.
Le médecin acquiesça, pensif, cependant que ses doigts palpaient doucement les glandes situées sous ma mâchoire. Les traits de Charlie se durcirent.
- Tu te sens fatiguée ? s'inquiéta Gerandy.
J'opinai et fermai les yeux, telle une fille obéissante. [...]

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# Posted on Tuesday, 24 November 2009 at 10:04 AM

Edited on Thursday, 26 November 2009 at 6:36 AM

Tentation 03 [La Fin]

Tentation 03 [La Fin]
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[...] - Nous partons, Bella.
J'inhalai moi aussi. C'était une option acceptable à laquelle je m'étais préparée. N'empêche.
- Pourquoi maintenant? encore un an, et...
- Il est grand temps, Belle. Nous ne nous sommes déjà trop attardés à Forks. Carliste a beau prétendre avoir trente-trois ans, il a l'air d'un gamin. C'était inéluctable, alors aujourd'hui ou demain...
Je perdis pied. j'avais cru que le seul intérêt de notre départ était de laisser sa famille en paix. Pourquoi nous en allions-nous si les Cullen déménageaient eux aussi?
Je l'interrogeai du regard, le cerveau en ébullition. Il me toisa froidement. Soudain, je compris ma méprise, et la nausée me monta à la gorge.
- Quand tu dis nous...,chuchotai-je.
- Il s'agit de moi et des miens.
Chacun des mots martelé avec soin. J'agitai la tête de haut en bas, mécanique destinée à m'éclaircir les idées.
Il attendit sereinement. Il me fallut quelques minutes pour retrouver la parole.
- D'accord. Je viens aussi.
- Impossible, Bella. Notre destination... ces n'est pas un endroit pour toi.
- Ne sois pas idiot.
J'avais tenté d'insuffler de la colère à cette repartie; elle résonna comme une prière.
- Tu es ce qu'il y a de mieux dans ma vie, ajoutai-je.
- Mon univers n'est pas fait pour toi.
- Ce qui s'est passé avec Jasper, ce n'était rien, Edward, rien du tout!
- En effet. il est juste arrivé ce qui devait tôt au tard arriver.
- Tu as juré! À Ph½nix, tu as promis que tu resterais...
- Tant que c'était ce qu'il y avait de mieux pour toi, me rappela-t-il d'un ton brusque.
- Non! c'est à cause de mon âme, hein?
Je criais, à présent, et mes paroles se déversaient en un torrent furieux; pourtant, elle avaient toujours des allures de supplique.
- Carlisle m'es a parlé. Je m'en moque, Edward, si tu savais comme je m'en moque!
Prends-moi mon âme.
Je n'en veux pas, sans toi. Je te l'ai déjà donnée.
Il poussa un long soupir et resta quelque instants à regarder le sol sans le voir. Sa bouche frémit. Lorsqu'il releva enfin la tête, ses yeux étaient différents, plus durs- comme si leur or liquide s'était figé.
- Je ne veux pas que tu viennes, Bella, m'assena-t-il lentement, distinctement.
Ses prunelles glaciales me scrutaient. Il attendait que je comprenne enfin ce qu'il m'annonçait.
Je me répétai plusieurs fois la phrase, en isolant chaque composant pour tâcher d'en saisir le sens du réel.
- Tu... me... quittes ? résumai-je tout fort, incrédule, dérouté par ce que les morts signifiaient ainsi prononcés.
- Oui.
Hébétée, je plongeai dans ses iris. Il me fixait sans l'ombre d'un regret.Ses pupilles étaient deux topazes dure,claires et abyssales, et j'eus l'impression que je pourrais m'enfoncer à l'infini dans leur insondable tréfonds sans pour autant y déceler un indice qui contredît le petit << oui >> qu'il venait de proférer.
- Ça change tout.
Le calme et la maîtrise de ma voix me décontenancèrent. Sans doute étais-je trop ahurie. Je ne saisissais pas. La situation n'avait pas de sens.
- Naturellement, reprit-il en s'adressant aux arbres, une part de moi continuera à t'aimer. En quelque sorte.
Mais je suis... las de jouer un rôle qui n'est pas moi. Je ne suis pas humain,
Il revint à moi - les reliefs glacés de son visage sans défauts n'étaient effectivement pas de ce monde.
- J'ai trop longtemps laissé l'imposture s'installer.
J'en suis désolé.
- Arrête. Ne fais pas ça.
Mes paroles, maintenant, n'étaient plus guère qu'un chuchotis. La compréhension commençait à s'infiltrer en moi, tel un acide dans mes veines. Il me toisa, et ses yeux m'apprirent que ma prière intervenait trop tard.
Il l'avait déjà fait.
- Tu ne m'apportes rien de bon, Bella.
Il avait renversé la phrase de tout à l'heure. Or, qu'avais-je à lui opposer? Il avait raison. Je ne lui arrivais pas à la cheville, que lui aurais-je apporté? J'ouvris la bouche, la refermai. Il patienta, le visage impénétrable.
- Si...c'est ce que tu souhaites, finis-je par murmure.
Il acquiesça. Mon corps était gourd, paralysé à partir du cou.
- J'ai un dernière faveur à formuler, cependant, continua-t-il. Si ce n'est pas trop te demander.
Je ne sais quelle expression il lut sur mon visage mais il tressaillit. Sans me laisser le loisir d'identifier cette émotion, il se ressaisit, et recomposa son masque de pierre.
- Tout ce que tu voudras, répondis-je d'un ton un peu plus ferme.
Ses prunelles de givre fondirent, et l'or s'en liquéfia de nouveau, fusion incandescente qui incendia les miennes avec intensité qui me coupa le souffle.
- Pas d'acte téméraire ou stupide, m'ordonna-t-il en redevenant celui que j'aimais. Entendu?
Je hochai la tête, hypnotisée. Puis son regard se figea derechef, et la réserve reprit le dessus.
- C'est a Charlie que je pense, bien sûr. Il a besoin de toi. Prends soin de toi... pour lui.
- D'accord.
Il parut se détendre un peu.
- En échange, je vais te faire une promesse. Je te jure que tu ne me reverras plus jamais. Je ne reviendrai pas. Je ne t'entraînerai plus dans ce genre d'épreuves.
Vis ta vie, je ne m'en mêlerai plus. Ce sera comme si je n'avais jamais existé.
Mes genoux tremblaient sans doute car, soudain, les arbres vacillèrent. Le sang battait à mes tempes plus vite que de coutume, son martèlement assourdissant les paroles d'Edward.
- Rassure-toi, enchaîna-t-il, presque tendrement, vous autre humains avez la mémoire courte. Le temps guérit les blessures de ceux qui appartiennent à votre espèce.
- Et la tienne? réussis-je à répliquer, en dépit de la boule qui obstruait ma gorge au point que j'avais la sensation d'étouffer.
- Eh bien...Je n'oublierai pas. Toutefois, ma...race se laisse facilement distraire.
Il sourit - pas avec les yeux -. recula.
- Voilà, c'est tout. Nous ne t'importunerons plus.
Le pluriel me fit réagir, ce qui me surprit, tant je pensais être anesthésiée.
- Je ne reverrai pas Alice, haletai-je, inaudible.
- Non. Ils ne sont plus ici. Je suis resté pour te dire au revoir.
- Alice est déjà partie?
Je n'en revenais pas.
- Elle aurait souhaité t'expliquer. Je l'ai persuadée qu'une rupture brutal valait mieux. Pour toi.
J'avais le vertige. Je n'arrivais plus à me concentrer.
Je m'efforçai de respirer normalement. Il fallait que je m'accroche, que je m'extirpe de ce cauchemard.
- Adieu, Bella, dit-il de la même vois paisible.
- Attends! m'écriai-je en tendant le bras, suppliant mes jambes sans vie de me porter vers lui.
Je crus qu'il répondait à ma supplique, mais ses mains froides emprisonnèrent seulement mes poignets et les plaquèrent contre mon corps. Il se pencha, lèvres serrées, et déposa un baiser furtif sur mon front. Je le sentis à peine. Mes yeux se fermèrent.
- Fait attention à toi, chuchota-t-il, et son haleine fraîche effleura ma peau.
Il y eut un éclair, un souffle inattendu. Mes paupières se soulevèrent d'un coup. Les feuilles d'un petit érable s'agitaient encore dans la brise que son brusque départ avait provoquée. Je l'avais perdu.
Je le suivis d'un pas mal assuré, inconsciente de la vanité de mon geste. Il ne subsistait aucun trace de son passage: nulle empreinte, nul mouvement. Je marchai quand même sans réfléchir. Je n'étais capable de rien d'autre. Il fallait que je bouge. Si je cessais de le chercher, c'en était fini. De l'amour, de la vie, de la raison...fini. J'avançais, j'avançais encore, j'avançais toujours. les heures défilaient qui ne semblaient que des secondes.
Peut-être le temps s'était-il arrêté parce que, aussi loin que je m'y enfonce, la forêt était immuable. L'idée me traversa, inquiétante, que je tournais en rond, un tout petit rond ; je n'en continuai pas moins. Je trébuchai souvent. Au fur et à mesure que l'obscurité s'installait, je tombais beaucoup aussi. [...]

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# Posted on Saturday, 13 June 2009 at 4:01 PM

Edited on Tuesday, 24 November 2009 at 10:35 AM

Révélation 06 [Distractions]

Révélation 06
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[...] Eh bien, je me disais... je sais que cette histoire de Dartmouth n'est qu'une couverture mais, franchement, un semestre à l'université ne me tuerait pas.(C'étaient ses propres mots, prononcés longtemps auparavant, quand il avait tenté de me dégoûter de devenir vampire.) Je parie que Charlie serait friand d'anecdotes sur la fac. Bon, d'accord, si je ne réussi pas à me maintenir au niveau des cerveaux qui hantent les lieux, ça risque d'être un peu gênant. N'empêche... dix-huit ou dix-neuf ans, ça ne fait pas de grosse différence. Ce n'est pas comme si j'allais me rider en douze mois.
Il ne réagis pas pendant un bon moment.
- Tu serais prête à attendre, murmura-t-il ensuite, tout doucement. À rester humaine.
Je me mordis la langue. Allait-il tomber dans le piège?
- Pourquoi m'infliges-tu cela? se fâcha-t-il, tout à coup. Comme si ce n'était pas assez difficile avec ses fanfreluches! (Il attrapa une poignée de dentelle noir qui froufroutait sur ma cuisse et, un instant, je crus qu'il allait la déchirer, puis sa poigne se détendit.) Aucune importance. De toute façon, je refuse de marchander avec toi.
- Je veux aller à la fac.
- Menteuse! Et rien de mérite que tu risque une nouvelle fois ta vie. Ou que tu souffres.
- Je te jure, j'en ai vraiment envie. Enfin, ce n'est pas tant l'université. Je veux juste rester humaine un peu plus longtemps.
Fermant les paupières, il se pinça l'arête du nez.
- Tu me rend fou, Bella. N'avons-nous pas discuté de cela des milliers de fois déjà? A l'époque tu me suppliais de te transformer en vampire immédiatement.
- Si, mais... eh bien, j'ai une raison de rester humaine que je n'avais pas avant.
- Laquelle?
- Devine.
Sur ce je me redressai pour l'embrasser. Il me rendit mon baiser, mais pas de façon qui donne à penser que j'étais en train de gagner. C'était plutôt comme s'il prenait soin de ne pas me vexer ; il se contrôlait d'une manière totale et agaçante. Tendrement, il rompit notre étreinte et me colla conte lui.
- Tu es tellement humaine, Bella, rit-il. Dominée par tes hormones.
- C'est tout l'intérêt , justement. J'aime cet aspect-là de mon humanité. Je n'ai pas envie d'y renoncer tout de suite.
Je ne veux pas attendre des années, pendant lesquelles je serai un vampire nouveau-né avide de sang, pour la retrouver.
Je ne pus retenir un bâillement, et il sourit.
- Tu es fatiguée. Dors, mon amour.
Il se mit à fredonner la berceuse qu'il avais composée pour moi. [...]

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Image de l'article Tome 04: Révélation Chapitre 06 "Distractions" Pages: 116//117

# Posted on Tuesday, 25 August 2009 at 4:21 PM

Edited on Wednesday, 26 August 2009 at 5:13 PM

Tentation 02 [Une Fête]

Tentation 02 [Une Fête]
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[...] Cependant, sitôt libéré de l'obligation de me protéger, il avait renoué avec son ancienne attitude, qui consistait à m'éviter le plus possible. Sachant que ça n'avait rien de personnel, qu'il s'agissait juste d'une mesure de précaution, je m'efforçais de ne pas y accorder trop d'importance, Jasper avais le plus de mal que les autres à respecter la diète des Cullen; il lui était bien plus difficile de résister à l'odeur du sang humain, dans la mesure ou il était le plus jeune de leur espèce.
- C'est l'heure des cadeaux! décréta Alice.
Me prenant par le coude, elle me conduisit à la table.
- Alice, marmottai-je avec des airs de martre, je t'avais dit que je ne voulais rien...
- Et je ne t'ai pas écoutée, me coupa-t-elle, ravie d'elle-même. Déballe celui-là, m'ordonna-t-elle ensuite en me débarrassant de l'appareil photo et en fourrant un paquet carré dans mes mains.
L'objet était si léger qu'il paraissait vide. L'étiquette annonçait qu'il venait d'Emmett, de Rosalie et de jasper. Gênée, je défis le papier argenté et contemplai le carton. il s'agissait d'un machin éléctronique dont le nom comportait des tas de nombres. J'ouvris la boîte, espérant un indice susceptible de me renseigner sur la nature du présent...elle était effectivement vide.
- Euh...merci.
Jasper éclata de rire, et même Rosalie se fendit d'un rictus amusé
- C'est une stéréo pour ta camionnette, m'expliqua Jasper. Emmett est en train de l'installer. Comme ca, tu ne pourras pas la refuser.
Décidément, Alice savait toujours précéder mes réactions.
- Merci, Jasper, Rosalie lançai-je
Je me souvins des plaintes d'Edward à propos de ma radio, dans l'après-midi. Apparament, c'était un coup monté.
- Merci Emmett! ajoutai-je plus fort.
Son rire explosif et communicatif me parvint de l'extérieur.
- A notre tour, à Edward et à moi, me pressa Alice d'une voix aiguë en me tentant un petit rectangle plat.
Je me tournai vers Edward pour le fusiller du regard.
- Tu avais promis!
Avant qu'il ait le temps de répondre, Emmett bondit dans l'entrée.
- Tip top au bon moment! brailla-t-il.
Il alla se poster derrière Jasper qui, une fois n'est pas coutume, s'était rapproché pour mieux voir.
- Je n'ai pas dépensé un sou m'assura Edward.
Il écarta une mèche de mes cheveux, et je frissonnai à son contact.
- Très bien, cédai-je
Emmett rigola, amusé. Je m'emparai du cadeau et, adressant une mimique agacée à Edward, glissai mon doigt sous l'emballage pour décoller celui-ci.
- Zut! ronchonnai-je, lorsque l'arête du papier entama ma peau.
Je retirai mon doigt pour inspecter les dégâts. Une unique goutte de sang perlait d'une minuscule coupure.
Soudain, tout se passa très vite.
- Non! rugis Edward.
Il se jeta sur moi, me précipitant en travers de la table, qui s'écroula, envoyant au diable gâteau, présents, fleurs et assiettes. Je tombai dans un éparpillement de cristal brisé. Jasper heurta Edward avec un bruit sourd qui évoquait un éboulement de rochers. un grondement sinistre monta de sa poitrine, et il tenta de repousser son aîné. Ses dents claquèrent à quelques centimètres du visage d'Edward. Aussitôt, Emmett l'attrapa par-derrière et l'immobilisa dans l'étau de ses bras impressionnants. Jasper se débattit, un éclat sauvage allumant ses iris fixés sur moi.
Après le choc initial vint la douleur. Je m'étais affalée près du piano et, d'instinct, avait tendu les mains pour amortir ma chute. De ce fait, elles avaient plongé droit dans les débris de verre. Tout à coup, je sentis une souffrance irradiant mon avant-bras, du poignet au coude.
Désorientée, ahurie, je me détournai du sang rouge vif qui dégoulinait. Je découvris alors le regard fiévreux de six vampires brusquement assoiffés. [...]

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Image de l'article Tome 02: Tentation Chapitre 02 "Une fête" Pages: 37//38//39

# Posted on Tuesday, 25 August 2009 at 2:50 PM

Edited on Monday, 23 November 2009 at 6:19 AM

Midnight Sun 05 [Invitations]

 Midnight Sun  05
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[...] Il était complètement débile d'imaginer que si je l'avais invité à ce bal ridicule, elle aurait annulé ses plans et accepté ma proposition.
Je n'étais pas celui à qui elle allait dire oui. C'était quelqu'un d'autre, quelqu'un d'humain et de chaud. Et je ne pourrais même pas me permettre – ce jour là, lorsqu'elle aura dit oui – de le traquer et de le tuer, parce qu'elle le mériterait, qui ce que soit. Elle méritait le bonheur et l'amour plus que quiconque.
Je lui devais d'agir pour le mieux à présent. À présent que je ne pouvais plus prétendre être sur le point de l'aimer.
Après tout, cela importait peu, si je partais, parce que Bella ne pourrais jamais me voir comme je désirerais qu'elle me vît. Elle ne me verrait jamais comme quelqu'un dont elle pourrait tomber amoureuse.
Jamais.
Est-ce qu'un c½ur mort et gelé pouvait encore se briser ? Le mien en semblait capable.
- "Edward," dit Bella.
Je me figeai, regardant ses yeux clos.
M'avait-elle vu, était-elle éveillée ? Elle semblait endormie, mais sa voix avait été si claire...
Elle soupira calmement, et bougeant à nouveau, se roulant sur le côté.
- "Edward..." Répéta-t-elle doucement.
Elle rêvait de moi.
Est-ce qu'un c½ur mort et gelé pouvait battre à nouveau. Le mien en semblait capable.
- "Reste." Soupira-t-elle. "Ne pars pas. Je t'en prie...ne pars pas."
Elle rêvait de moi, et ce n'était même pas un cauchemar. Elle voulait que je reste avec elle, là dans son rêve.
Je débattis pour trouver des mots pour nommer les sensations qui se déversèrent en moi, mais aucun mot n'était assez fort pour les contenir. Pendant un long moment, je m'y noyai.
Quand je refis surface, je n'étais pas le même homme qu'avant.
Ma vie était un minuit éternel et immuable. Pour moi, c'était inévitable, il sera toujours minuit. Alors comment était-il possible que le soleil se lève, là maintenant, au milieu de ce minuit ?
A l'instant où je suis devenu vampire, échangeant mon âme et ma mortalité pour l'immortalité la douleur brûlante de la transformation, j'avais été littéralement gelé. Mon corps s'était transformé en quelque chose qui s'apparentait plus à de la pierre qu'à de la chair, dure et immobile. Ma conscience, aussi, s'était gelée, ma personnalité, mes goûts et mes dégoûts, mes désirs et mes répugnances ; tout c'était figé.
C'était la même chose pour chacun de nous. Nous étions tous figés. Des pierres vivantes.
Quand un changement survint en nous, c'est une chose rare et permanente. Je l'ai vu chez Carlisle, puis plus tard chez Rosalie. L'amour les changea d'une façon permanente, éternelle. Plus de quatre-vingts ans s'étaient écoulés depuis que Carlisle avait trouvé Esmé, et il continuait à la regarder avec les yeux incrédules du premier amour. Il en sera ainsi pour l'éternité.
De même que pour moi. J'allais aimer cette humaine, si fragile et délicate, pour le restant de mon existence sans limite.
J'admirais son visage, sentant cet amour pour elle s'encrer dans chaque portion de mon corps de pierre.
Elle dormait calmement à présent, un petit sourire aux lèvres.
Tout en la regardant, je commençai à comploter. [...]

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Image de l'article Tome 05: Midnight Sun Chapitre 05 "Invitations"
Source: Midnightsun.over-blog.com

# Posted on Friday, 12 June 2009 at 7:56 AM

Edited on Saturday, 13 June 2009 at 3:55 PM